Prose et nouvelles

 

1 – Au jardin de jour comme de lune

2 – Pâques à Bagnères de Bigorre

3 – Printemps des Poètes 2014 au pays de Bigorre

4. Écritrains

5. Les dimanches

6. Extrait du recueil NABEL

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1 – Au jardin de jour comme de lune publié publiée dans la revue Le Manoir des Poètes.

« À table tout le monde !

– Qu’est-ce qu’on mange ? ».

– c’est ma place !

– prem’ !

– j’ai une faim de loup !

– j’ai dit : à taaaable !

– où je me mets ?

– tu t’es lavé les mains ?

– il manque les glaçons !

– va chercher ton frère !

– bon-papa, on maaaaannnnnge !

– à table, à table, les grands et les petits !

– à table, à table et tous bon appétit ! ».

    Qui ne se souvient de cette injonction rituelle, familiale, amicale, à la ville, à la campagne, à la maison ou en vacances ; de cette invitation à passer « à table » lancée à la cantonade par une maîtresse de maison à l’étonnant don d’ubiquité ?

    Qui ne se souvient de ce rassemblement de tous âges autour d’une longue table dressée dans le jardin, le midi sous l’écrasante présence du soleil, le soir sous la lune douce et métallique, sous les frondaisons de glycine mêlée au jasmin, au chèvrefeuille, et qui prennent selon les heures des teintes et des formes variées, sous les canisses ou la toile marine traversée de rayons ou d’étoiles d’or ? Parfois même dans ce lieu ancestral depuis trois ou même quatre générations on se rassemble encore. Grande demeure de bois ou de pierre nichée au coeur d’une grande propriété sur laquelle, faute de temps, et aussi par principe, les jardins poussent librement à l’anglaise.

    La première à trottiner vers le lieu du banquet est la plus jeune bien souvent. D’une main, elle traîne son doudou jusqu’à la chaise haute. De l’autre, elle agrippe la tablette. Lève une jambe pour signifier qu’elle est prête pour le déjeuner. Manque de tomber. Perd l’équilibre. Tombe. Se recale sur ses petites jambes potelées et recommence la manœuvre d’assaut de son siège, jusqu’à ce qu’un grand enfin l’installe et que tout en mimant le manger avec ses petits couverts cliquetant dans l’assiette encore vide, elle répète à sa manière cette formule à tous adressée. Charmante enfant dont la chrononutrition fonctionne à merveille !

    Qui ne se souvient donc de cet espace socio-spacio-temporel, principalement en période estivale, au creux d’un jardin pacifié, lorsque la brise s’en est allée caresser d’autres lieux et que l’eau fidèle de la fontaine ou de la rivière tinte ou clapote gentiment, tout à côté ? Le sol aspergé de mille et une gouttes d’eau sous les pieds des convives affamés dispense un peu de fraîcheur.

    On entend « Qu’est-ce qu’on mange ? », prononcé par plusieurs voix décalées.

    Qui ne se souvient du choc des couverts et des brocs contre les assiettes et les carafes bousculées ? On rajoute un couvert pour un ami juste rentré de voyage. La bouteille embuée rose carmin chante en remplissant les verres qui se tendent. Les corbeilles débordent de fruits de saison et de pains variés. La viande, les sardines et les saucisses grillées s’affichent à côté des plats creux débordant de salades bariolées. Le plateau de fromages dégage des odeurs aphrodisiaques pour les uns, infernales pour les autres. Les glaces, le flan et les tartes sont tous faits maison. Tradition oblige !

    Et le manger de bon appétit ! Les mots des enfants. Les vraies-fausses gronderies des grands. Les phrases de plus en plus sonores, répétées encore et encore puis abandonnées, parce que bonne-maman ou bon-papa sont devenus durs de la feuille. Les confidences entre adultes que les petits perçoivent ; mine de rien. La politique. L’éducation. La cherté de la vie. L’exposition de peinture. Les dernières roses machinchouettes cueillies au jardin. Le concert de jazz en plein air, au bord de la rivière. Les prochaines vacances en Autriche ou bien en Abitibi. La maladie des uns et des autres. Quelque médisance ou quelque… aveu. Le monde tel qu’il est ou tel qu’il va.

« Que voulez-vous, c’est la vie ! » entend-on soupirer.

    On appelle les chats et les chiens : « zabou, pitou, moïse et iseult » pour leur donner les morceaux de gras, parce qu’à l’extérieur c’est permis.

    Les multiples bruits de succion. L’aliment sacrifié aux mâchoires bruyantes, au découpage, broyage, à la déglutition. Le claquement de la langue. Les roulements d’yeux. Les soupirs d’aise. Les exclamations de dégoût ou de ravissement. Les plats échangés. Vidés. Remplis. A nouveau vidés. Les verres à moitié vides. A moitié pleins. Et toujours ces cliquetis des couverts. Pris. Posés. Repris et définitivement reposés, à moins de jouer avec. Dessiner machinalement, sur la nappe de papier, déchirée par endroits, des signes et des mots devenus inintelligibles, à force de distraction et d’absence de et à soi, au lieu et aux autres.

    Et puis les bavardages s’essoufflent. S’espacent. Cessent. Une implacable torpeur s’abat sur la charmante assemblée. Le silence se fait nature. Et vice et versa. La chaleur écrasante. Le jardin mutique. La digestion commence à troubler les estomacs et les cerveaux. Même les oiseaux se sont tus. Et les chats, ce matin si alertes ne jouent plus que d’un bout de patte distraite et toujours cruelle avec le corps égratigné du lézard, dont la queue détachée s’agite encore, un peu plus loin ; tentative inutile désormais à tromper la vigilance du las prédateur. Mollesse. Paresse. Tout semble s’être arrêté. Le chant des grillons et des cigales s’est interrompu. Ah ! Nulle aile gracile ne vient plus caresser les fruits, la joue. Le regard s’accroche péniblement aux rais de lumière en pointillés que dessine le feuillage kaléidoscopique sur un fil d’or qui se soulève imperceptiblement, magiquement pense-t-on, puis les yeux écarquillés, effectuant une salutaire séance de micro gymnastique pour éviter de loucher, remontent vers la toile en chantier, en devenir fragile, où se hâte, sans se presser Pénélope l’araignée.

    Mais déjà, on supporte moins cette lumière blanche. Aveuglante. On tire un peu plus à soi le store et le parasol. On déroule un peu plus la banne. On aspire à plus de sombre et de frais. Les paupières sont si lourdes. L’esprit s’engourdit. On cherche à échapper à tout questionnement. Ne plus savoir. Ne plus avoir à identifier ce qui se trame, ici et maintenant, de minuscule ou de majeur, dans ce lieu immanent, impermanent du jardin estival. Glissement. Apesanteur. Blancheur pélagique. Désir de…

« Qu’en penses-tu ?

– oooooooui !?

– non ?

– que veux-tu dire ?

– laisse tomber ! ».

    Oui c’est cela. Tout laisser tomber. De soi. Hors de soi. Fléchir. S’évanouir.

    Mollesse. Paresse. Mécanismes glorieux du corps en état suprême de digestion que rien ni personne ne peut vaincre à jamais. Moins de pas. Moins de clameurs. On parle bas. Les enfants baillent. Plus le moindre jeu. Les billes, la fronde, les ballons et les consoles de jeu jonchent la terre battue à nouveau craquelée. Les grands soupirent. Après le café, on tient sans s’en apercevoir, entre des doigts d’une inquiétante laxité, une dernière cigarette vaguement fumée, en exécutant de petits ronds de plus en plus désordonnés, car les lèvres elles aussi ont abandonné toute tentative de quelconques records. On avale en grimaçant le pousse-café que bon-papa a fabriqué voilà si longtemps qu’on est incapable d’en nommer l’année ou la décennie de patiente distillation et on ne fonctionne plus qu’à l’économie de gestes. On tente de déplier son corps. On s’étire sans force. Sans conviction.

« On rangera après ! ».

    Pour l’heure, ce qui prime c’est la sieste au jardin ! Sous une treille, au pied d’un chêne ou d’un tilleul, sur une couverture dans le pré, dans un hamac ou dans la chambre dont on clôt les volets. Ah ! la sieste qui prolonge le plaisir des papilles. Enveloppée de silences relatifs. L’air délicatement inspiré devient sensuel sur fond de soupirs, de caresses mutines, maritimes, alors que la main lascive, infidèle a lâché le livre, ce pavé du tome 3 de la série estivale, que l’on a promis de lire jusqu’au bout afin d’en faire une recension pour la rentrée et que l’on ramasse distraitement, juste avant d’aller rejoindre tous les autres au jardin, à l’heure du goûter…

    Mais c’est la tombée de la nuit que l’on attend fébrilement ! Ce bleu profond strié de grandes ombres que l’on rend responsable de ce désir ultime d’un séjour prolongé au jardin illuné. Moitié de nuit ou nuit entière selon l’humeur, la météo, on y passera des instants complices, un peu magiques à aller de son petit Moi au grand Tout inscrit à même la voûte céleste où les pleins et les déliés, arabesques délicieuses s’évanouissent, se forment, se déforment et s’informent dans l’Univers en expansion perpétuelle, impermanente, immanente.

    La nuit, ponctuée d’appels proches ou lointains : oiseaux de nuit, frôlements, chuintements, murmures, et mouvements imperceptibles et songés des étoiles, nous rapprochant de nos lointains ancêtres noyés dans l’écume givrée de la Mer/Mère d’en haut. Alors l’âme échevelée se re-prend à rêver à des ailleurs traversiers nés en cette nuit au jardin, lieu sacré, sacralisé, diffracté, promesse de tous les possibles in-créés, alors que la Terre vient d’achever sa rêve-olution, de tourner une fois sur elle-même et nous avec.

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2. Pâques à Bagnères de Bigorre

 

         Les cloches sonnent à toute volée dans un ciel pur, bleu, si bleu, traversé ici et là par une aile, un appel, un nuage blanc, si blanc. Ce matin, elle est allée agiter son rameau de laurier (du temps de « son » Allemagne, la tradition consistait à y attacher des sucres d’orge et des rubans) et de buis odorant sur le parvis de l’église fortifiée au curieux pan de mur s’élançant vers les nues ; il y fut béni, parmi une foule si compacte qu’elle ne pût entrer toute entière dans l’enceinte résonnant de chants aussi joyeux que des gospels, accompagnés à la guitare par une nonne, en habit d’hirondelle, prénommée  Marie.

    Elle a écouté la Parabole, l’Évangile selon St Pierre, a signé son front, le cœur élargi, au milieu de la travée centrale, devant les hauts vitraux colorés d’une lumière arlequine, entre les nombreuses chapelles, dont celle de « Marie », puis elle a quitté la grande nef, alors que les chants reprenaient.        

    À deux pas de ce lieu de fervente prière, elle est entrée dans le Temple protestant où l’office terminé, elle s’imprégna de l’atmosphère dépouillée. Le souffle arythmique, elle y huma la pierre, l’air, l’odeur de cire, le Livre Sacré. « Pas l’ombre ici d’une Marie, bien sûr » fit-elle en franchissant le seuil concave vers le grand dehors. Sur les talus, elle a compté les premières fleurs écloses, dont les violettes et les fleurs de pissenlits. Pour l’œillet du poète, elle devrait attendre le mois de juin.Par un chemin pentu derrière Les Thermes de la Reine, elle est entrée dans la forêt, comme on entre dans une cathédrale de verdure. Elle a fredonné l’Alleluia et réfléchi au nom qui est au-dessus de tout nom, à la nouvelle alliance, à la réalisation des Écritures, au troisième chant du coq, au mont des oliviers, au plus grand qui prend la place de celui qui sert les autres pour les servir à son tour, à la Passion, à la goutte de sang, au pain partagé, au Mystère, à toutes les Marie de la terre…  

    Le coucou lançait son cri sur une haute branche quelque part au fond du val ensoleillé. Un geai moqueur par-delà les vergers de prunus en fleurs blanches et roses, et par-delà les haies s’amusait-il à lui répondre ? Un chevreuil posté dans la prairie, attentif semblait les écouter. Observant. Observé. Qui regardait qui ? Elle a souri au monde du vivant et des choses et a poursuivi sa proménadologie réflexive.      

  

    Dans une clairière baignée d’un doux soleil, assise sur un rondin de bois, percé de trous, (le pic épeiche, tel le furet était passé par ici, puis par là) elle a songé une nouvelle fois à toutes les Marie confondues, celles de la terre et celles de l’au-delà.Elle a levé le regard au ciel. A fait le silence en elle pour accompagner ce jour, en pensée délicate à travers cette période de deuil qui stigmatise le départ d’un être cher.         

    Le temps a passé sur ses pensées, ses rêveries. Dans la forêt animée, elle perçoit à présent les bruissements des feuilles, le tricotage des nids assemblés avec tant de minutie pour recevoir la première nichée de l’année et dans les arbres et sur le sol, les branches ploient ou craquent.

    Elle devine l’ascension apparemment désordonnée de l’écureuil, la marche légère, craintive du chevreuil, le louvoiement du renard, les bonds espiègles du lapin. La journée touche à sa fin. La chouette hulotte vient de pousser son premier « kie-ouik ».

    Elle se sent en harmonie avec cet environnement. Une plage de sérénité s’installe en elle. Le temps suspend vraiment son vol, comme le réclame le poète. Les nuages s’apprêtent à accueillir la luminescence du couchant, alors que le printemps bien installé explose de mille et un chant d’oiseaux diurnes et nocturnes, comme autant d’échos vibratoires de clameurs encourageant à aller vers un monde ouvert, re connu, à protéger, à ré humaniser, sous l’effet de la poussée permanente, immanente du printemps.

    « Marie ?! ». Elle se retourne à cet appel qui s’adresse à environ la moitié des femmes de l’humanité. À elle aussi. « Il » se dresse devant elle. Sourit. Prend sa main et ensemble ils reprennent le sentier à travers la forêt bruissante de vies animales, végétales. Redescendus dans la vallée, ils se rapprochent de l’esprit et du cœur de tous les êtres de bonne volonté. Se penchant doucement vers elle, il a alors cette parole :

     « Tout ce que tu désires te sera donné » et disparaît.

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3. Le Printemps des Poètes

16e édition au cœur des Arts
en direct de Bagnères-de-Bigorre, Hautes-Pyrénées

(version courte)

    Entre « cascades & torrents », tel Montaigne – prendre les eaux thermales de Bagnères-de-Bigorre, où le « Printemps des poètes » bat son plein se révèle : pur délice. Les diverses manifestations englobant : expositions, conférences, arts plastiques, théâtre, chant , danse, concerts, et bien évidemment gastronomie se déroulent avec entrain, et ce tant à la Médiathèque que dans les écoles et s’affichent dans maints espaces de la petite ville, investissent les parcs, en des endroits improbables ouverts au spectacle pluriel.

    De la poésie, des paroles de chansons, des contes, des extraits de polars… sont ainsi véhiculés dans le dédale de la charmante bourgade, via les voix d’enfants au préalable enregistrées et émanant – telles quelles des haut-parleurs du système de sonorisation dans le centre-ville. Les haut-parleurs ! Oui, c’est bien d’une poésie à – voix haute qu’il s’agit ici définitivement et les montagnes pyrénéennes environnantes sur lesquelles la neige s’attarde encore, malgré la douceur printanière ne le démentiraient nullement.

    Ainsi, en des lieux ouverts, des textes – pour la circonstance : plastifiés, créés par petits et grands amoureux de la langue de l’émotion sont pour leur part bien arrimés à de longs fils d’étendage. Une forme fixe, classique côtoie des vers libérés et des haïkus pétillants jouxtent de nombreux dessins. Des proverbes et autres charades détournés, peints sur des pierres de roche de l’ère primaire , à même le sol ou inscrits sur des tee-shirts et des pantalons épinglés à des cordes ou se balançant sur des cintres accrochés aux branches de grands arbres, égrainent leur « alphabet de couleurs », résolument rimbaldien, mouvant, étonnant et rythmé au gré du vent de Bigorre, tandis que la « marche triomphale du printemps » annoncée par la jaillissante floraison de narcisses, de jonquilles, de primevères et par le chant émis en boucle par geais, merles, corneilles et autres grenouilles impose ici & maintenant ses « riches heures ».

    À la Médiathèque, un « portrait coloré, animé du Grand Sachem du Swing » est brossé à l’attention de quelques aficionados par l’auteur de l’ouvrage, « Le parcours du cœur battant » à propos de « l’inventeur d’un chant neuf », Claude Nougaro. Ami et complice de l’artiste total, Christian Laborde, dont la voix possède cette similaire et étonnante scansion, ce phrasé savoureux, « cassant les mots, en les suçant, en jouant avec eux, en frottant chacune de leurs voyelles » utilisés sans modération par ces deux compagnons de route du « país, ô Tolosa » procure une sensation pétillante ineffable.

    Dans un ancien lieu de culte (réhabilité en cinéma, Le Maintenon) un artiste inspiré tente de rendre le climat de création tourmenté du génial Charles Baudelaire en proie aux « Fleurs du mal », tandis qu’une vidéo – tout aussi empreinte d’images de violences guerrières que d’« (…) ordre et beauté, luxe, calme et volupté » en suggère une seconde lecture. Un peu plus loin, quelques jours plus tard, dans la Salle de spectacles, à la Halle aux grains, non loin du tumultueux gave de l’Adour, les prix de poésie du concours annuel sont remis à des auteurs émus, alors que leurs textes mis en scène y résonnent, et que l’on réfléchit de manière palimpseste (à) la dimension de la relation de l’auteur des « Essais », Michel de Montaigne avec la Poésie (notamment celle de son ami, La Boétie, dont Montaigne définit le lien d’amitié qui les unit par une formule apparemment lapidaire, d’une simple évidence : « parce que c’était lui, parce que c’était moi »).

    L’esprit du lieu revisité – ici par essence « géo-poétique », à la fois consolateur et révélateur de beautés naturelles et artistiques n’en est ainsi que décuplé, grâce à cet événement que les volontés locales ont à cœur, chaque année de coordonner pour un partage authentique entre agents publics, bagnérais, touristes et autres curistes de la petite ville bigourdane sur laquelle veille la fée, « Pyrène »…

    Et pour finir sans finir et poursuivre la pérégrination sur ce chemin serpentin et pentu qui s’étire de la forêt du Bédat jusqu’au col des Palomières et bien au-delà vers La Mongie, Le Grand Tourmalet et le somptueux Pic du Midi de Bigorre, d’où appréhender les hauts sommets de la chaîne pyrénéenne se révèle être une expérience à hauteur du jeux d’ailes et autre planés infinis des rapaces, ces souverains du ciel, souvenons-nous d’un extrait du poème de Francis Jamme appris jadis à l’école communale :

J’aime l’âne
J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.

Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles ;

et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.

Il va, près des fossés,
d’un petit pas cassé.

Mon amie le croit bête
parce qu’il est poète.

    Et, afin que le partage soit encore plus dense, « entendons » enfin quelques paroles d’un chant pyrénéen :

Le refuge

Je sais dans la montagne
Un refuge perdu
Qui se mire à l’eau claire
Des lacs verts d’Orgélu
Ouvert aux quatre vents
Aux montagnards perdus
Dans la brume et la neige
Comme un port du salut

REFRAIN
Qu’il fait bon s’endormir
Au refuge le soir
Près du feu qui s’éteint
Au pays des isards.

    Cordiales pensées poétiques & traversières. Adiou. A lèu !

Mars 2014, R.D.

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4. ÉCRITRAINS

Collectif LES TRAINS RÊVENT AU FOND DES GARES, anthologie – Le train dans la poésie française du 19e au 21e siècle, Alain Baudry et Cie, 2015

    Tous les deux ans, la micheline rouge et blanche qui dessert la petite gare de Bassens, sur la rive droite de la Garonne est empruntée par une famille franco-allemande en partance pour deux mois de vacances estivales. À Bordeaux-Saint Jean, elle en descend pour monter à bord d’un train massif en direction de Paris-Austerlitz. Les quatre enfants voudraient y admirer la Tour Eiffel. Pas le temps. La mère compte ses sous, sortis un à un, douloureusement du porte-monnaie rouge à deux soufflets, clic-clac, pour payer le taxi, puisqu’on a raté le bus pour la gare de Strasbourg, Paris-Est. Pas assez non plus pour un beau croissant doré. Les enfants baissent la tête un instant. Puis se remettent à chantonner ; à griffonner dans leurs journaux intimes auto-fabriqués, qui de détective, de reporter ou qui d’écrivain ou autre poète ; à lire une bande dessinée : Mickey ou Max und Moritz et puis à rêvasser. Chacun d’eux s’est vu confier sa propre petite valise rouge, ourlée de gros fil blanc. Valises gigognes, selon leurs tailles. Les parents, chargés de plus lourds bagages contenant les vêtements, les victuailles destinées au voyage et les cadeaux à offrir à la parentèle sentent les poignées en ferraille marquer profondément l’intérieur de leurs mains.

    On prend finalement le métro. Tchou-tchou-tchou die Eisenbahn… Roulez, roulez, chemins de fer, roulez… Les enfants chantent. Puis se taisent. Plaquent le nez, les mains, à la glace du compartiment aux places non réservées qu’on a eu de la peine à trouver. Scrutent le paysage. Glissent sur la banquette. S’endorment. Une journée entière et des instants de lune ont passés jusqu’à la gare de Saarbrücken. Chez les enfants, on remarque l’ultime résistance héroïque pour ne pas retomber dans un sommeil cotonneux. Pour tout voir. Tout entendre. Tout saisir. À la frontière quelque temps auparavant, la porte coulissante du compartiment s’est brutalement ouverte sous l’énergique poussée des contrôleurs ; billets poinçonnés ; saluts ; uniformes bleus, puis verts ; douaniers ; contrôle d’identité ; fouille ; mots aboyés en français, en allemand et en dialecte sarrois ; sourires ; questionnement : « Rien à déclarer ? ».
  Enfin au quatrième changement, les voici : lacampagneauxvachespaspareilles ; les maisons aux toits pentus ; les réclames pour la saucisse, Bratwurst, le Bretzel et les gâteaux à la crème qu’on a envie de dévorer.

*

    La mère a fermé les yeux. Instinctivement, à chaque franchissement de cette frontière, elle se remémore – via cette pensée traversière mélancolique propre à ceux qui ont jadis éprouvé une souffrance parfois indicible – un pan de souvenirs de l’époque veule et sombre de cette partie de l’Europe déchirée qu’elle tente de chasser en écartant d’un petit geste sec une mèche blonde de son front. Passent les bombardiers anglais au-dessus du jardin d’adolescence. Course haletante pour cacher les petits frères à la cave, pendant que la mère de la mère gémit. Passent les wagons de la honte aux sanglots longs, aux yeux farandole et violon. Et le retour du Vater, le père, soldat de poussière, depuis Smolensk, autre lieu où l’armée allemande, défaite, désorganisée s’est définitivement enlisée et où hagard, il entendit les officiers hurler : Rettet sich wer kann ! Sauve qui peut ! En wagon, en charrette, à pied… Champs de ruines. Chants de déploration… La mère cligne des yeux. Se souvient aussi que c’est grâce à cette frontière qu’elle fit la connaissance de son mari, Français, douanier, le père de ses enfants. Elle ébauche un sourire. Regarde autour d’elle. La grosse micheline vert-chasseur : un D-Zug de la Deutsche Bundesbahn arrive en gare de Sankt Wendel. Encore un omnibus, et le voyage s’achèvera. À chaque arrêt montent des hommes qui s’affalent épuisés sur les larges sièges bruns. Des ouvriers à casque, mineurs à masque, cheminots à casquette.
    Hâte de revoir ceux que l’on aime, ceux qui attendent à Freisen. Empoignades, embrassades, cris, rires. Cousins, cousines, oncles, tantes, Oma, Opa, tous émus aux larmes. En cette accueillante demeure du Siedlung7 aujourd’hui ne résonnent plus que des éclats de voix chaleureuses. Cette année, les enfants auront à nouveau le droit de faire tout ce qui leur plaira : courir dans les allées du jardin pacifié où dansent côte à côte le drapeau français et le drapeau allemand ; accrocher des rubans colorés aux branches de l’arbre de la Paix planté par les aînés ; enjamber la barrière en bois ; emprunter le chemin creux vers la forêt ; gravir la colline jusqu’au Calvaire où Jésus n’en finit pas d’avoir mal aux bras et aux jambes pour eux. En plein milieu de la voie ferrée, ils joueront une fois encore au Transsibérien. Ils ont, leur semble-t-il entendu l’oncle Friedel prononcer ce mot suivi aussitôt par : Anna Karénine. C’est tout, ou c’est faux. Ils ne savent plus. Ils seront tour à tour : Mata Hari avec la cousine Sandra ; Kurt Jürgens et Niki Lauder avec les cousins Klaus et David. Et Comte Dracula avec Youri, le plus âgé. Cette année encore, ils désigneront des victimes : les plus petits, Johannes et Claudia qui seront déposés ligotés, bâillonnés à l’aide de foulards rouges, en travers des rails. À l’approche du cheval de fer, les quatre jeunes Français se décrétant Yankees ou Amis auront le droit d’aller les sauver, juste avant… le drame.

*

    Purs jeux d’enfants, puisque la voie ferrée est depuis longtemps désaffectée. Tandis que les adultes, le soir tombé, après le repas et les chants accompagnés à la cithare et au violon évoqueront sans doute à nouveau d’autres trains de l’époque veule et sombre. En baissant la voix. En changeant de ton…

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5. Les dimanches

Extrait du roman, La part des femmes en fin d’écriture

 

    Lise aime les dimanches. À cause des habits neufs du dimanche, des souliers bien cirés, de l’odeur des gâteaux dans le four. À cause de la messe du dimanche. Des cantiques chantés à l’église, le dimanche. Des bonbons du dimanche. Du repas du dimanche, pris dans la salle à manger, en famille. À cause des œufs au mimosa, du canard et des frites, de la tarte aux pommes et du joli tablier blanc de maman.
     Pourtant, elle se demande pourquoi son père ne peut passer aucun repas du dimanche sans trouver une raison pour se mettre à crier, ou faire pleurer Lise et sa petite sœur, en chantant bien fort les déchirantes Roses blanches, à la fin du repas du dimanche (dans laquelle une maman meurt à l’hôpital laissant l’enfant terrassé, orphelin). C’est même au cours d’un dimanche que Lise a reçu sa dernière fessée paternelle.
     Elle a treize ans. Déjà jeune fille. Sa culotte est déchirée. Elle a lancé son premier regard noir au père qui a baissé les yeux. Tout ça parce qu’elle a osé dire à son père : « Arrête de crier le dimanche, ça suffit les autres jours de la semaine, tu coupes l’appétit à tout le monde et la joie de la fête du dimanche retombe ».
     Et puis, elle a aussi osé se passer du vernis à ongles. Le père a dit : « ça pue, et en plus on dirait une traînée ». Il lui a même balancé une gifle. Elle n’a pas tendu l’autre joue.
Après le repas, sa mère est toujours un peu triste. Elle a le mal du pays. Alors, tout en faisant la vaisselle, elle chante des chansons du folklore allemand qu’elle apprend à Lise. Certaines sont gaies, trop gaies. D’autres tristes, trop tristes. En tout cas, Lise ne sait pas à quoi, à quel événement, à quelle fête, à quel chagrin rattacher ce répertoire maternel qui lui chavire le cœur, plus que de l’égayer.
     Confusément, elle sent le poids écrasant de la nostalgie de sa mère et sensible, aimante, comme tous les enfants, Lise décide de prendre en charge ce désespoir implacable, difficile à gérer. Parfois pourtant, elle voudrait s’en débarrasser, parce qu’il ne s’agit pas de son histoire. Mais elle éprouve de la culpabilité. Alors, elle chante avec. Elle pleure avec. Elle ressent avec.
     Depuis cette époque, Lise n’aime plus les dimanches. Plus aucun dimanche. Partout, vraiment partout où elle se trouve, elle ressent une certaine nervosité, de l’agacement, de la gêne à ce que ce soit : dimanche.

6. Extrait de NABEL

Prix ARDUA 2005

Catégorie « Recherche de création littéraire  »

Une nuit de juin
Elle ne dort plus

S’alimente distraitement
L’intérêt pour le quotidien -hic & nunc- s’effiloche

Faim de lui                  Soif de loup

Bon anniversaire Michele  ! * * * *

Mais qui est-il pour susciter tant de trouble en elle ?
Un homme tout en charme à sauts et à gambades
Un diable espiègle
Un bouffon savant
Un prince qui connaît le catalyseur de la douleur
Un poète qui cache la blessure de son âme ?

Tout cela sans doute et bien plus

Promesse d’hier

Elle s’était promis de ne pas attendre
De ne rien attendre : ni coup de fil ni message écrit
Et pourtant !

La sonnerie du portable sonne sans cesse dans sa tête
Elle lit des confidences dans un courriel imaginaire comme si elles étaient du pain béni
Elle guette le moindre frémissement dans le ciel sur l’aile de l’oiseau un message peut-être là maintenant

Elle ne s’appartient plus

Elle habite un chaoscosmos où règne l’impérieuse nécessité de suivre le fil de la voix de Michele

Sa liberté acquise avec pugnacité patience durant deux décennies fait bien pâle figure tenue en échec par les lianes bleues de ces deux âmes parallèles

 Question d’hui

La revanche qu’il a prise sur la scène de la réussite sociale lui pèse-t-elle un peu plus chaque jour ?

Elle ne le souhaite pas car il a la vie qu’il s’est tracé
Rien absolument rien – pas même une rencontre – ne doit l’écarter de sa voie

Ils avaient sans se connaître choisi d’instinct un chemin de vie

En héros triomphants de l’épreuve de la blessure ancestrale

Il leur faudra beaucoup de génie pour inventer le point de lumière où se rejoindre

Avec leurs différences leur enthousiasme et cette douce dés-espérance

Elle ne veut plus faire de projet frôler le horla être étrangère à elle-même toujours en mutation en danger en déperdition d’énergie offerte béante Elle veut vivre l’immédiat au bord de ses lèvres au sillon d’argent

Je reviens tout de suite

Quelqu’un a dit à propos d’un passage du discours de Stockholm de Soljenitsyne: ‘Toute lutte contre la mort c’est-à-dire toute conscience de la vie contraint à la poésie’ et Soljenitsyne écrit dans Les droits de l’écrivain : ‘ (   ) sans l’art (   ) la compréhension intime de ce qui était en jeu à Auschwitz ou à Kolyma nous serait barrée pour toujours’

 Je suis de retour

Je te confierai -peut-être- de cette époque l’histoire de l’un de mes grands-oncles allemands Déporté Torturé Il a perdu/gagné sa vie pour avoir protesté quand son voisin Juif a été jeté hors de sa maison avec femme enfants mobilier Il a osé dire tout haut ce qu’une grande partie de la population allemande sous le régime nazi pensait douloureusement et tout bas

Je te confierai – peut-être – de cette époque l’histoire de papa prisonnier de guerre en fuite Mangé de l’herbe Tué pour subsister Rattrapé violenté Reparti Vagabond sur la route hérissée d’ex-ode de soi Vision pérégrine Blessé à vie

Je te confierai -peut-être- de cette époque l’histoire d’une histoire de fracas de bombes lâchées au-dessus de la maison de maman adolescente Celle d’un corbeau posé sur le rebord de la fenêtre parcouru d’un frisson de neige

Je te confierai -peut-être- le casus belli de la naissance de mon troisième conflit mondial Celui que petite fille j’imaginais dans ma tête traversée du timbre rauque fureur terreur des voix des grands lorsqu’ils parlaient de la 1ère de la 2e guerre

La guerre sera fraîche et joyeuse von München Über Metz nach Paris scandait l’Empereur W.II  Le feu est parti le bruit est resté longtemps dans ma tête écrit Céline

À écouter les histoires de l’Histoire des histoires du faux /vrai grand-père poilu de 14 du résistant Français de 40 du böser Deutscher Soldat de 41 du capitano Italien de 42 du very courageous parachutiste Anglais de 43 du libérateur Yankee/ Ami (= Amerikana) de 44 mon impalpable existence devenait improbable informe aléatoire phagocytée par des monstres sans visage qui poussaient des cris à la Munch

Dans une odeur de soufre de poudre noire d’étoffes brûlées de terre calcinée qui rôde en nappes sur la campagne toute la ménagerie donne déchaînée Meuglements rugissements grondements farouches et étranges miaulements de chat qui vous déchirent férocement les oreilles et vous fouillent le ventre Ces mots d’Henri Barbusse donneront un sens aux peurs de l’enfance

En avant ! Tant pis pour qui tombe La mort n’est rien Vive la tombe ! Quand le pays en sort vivant En avant !

Déroulède chante le patriotisme que fillette je sentais poindre dans les mots des grands

Ma troisième guerre mondiale était un miroir où s’invitaient des linceuls draps sanguinolents cousus entre eux par les mots des grands Ceux que je découvrirais par la suite prononcés chantés écrits par : Déroulède Barbusse Céline Guillaume II Erich Maria Remarque Ernt Jünger mieux qu’une thérapie me feraient comprendre pourquoi l’orage d’acier les avait foudroyés ou graciés Leurs mots pour dire l’indicible sonneraient la fin de ma guerre intérieure Désormais je pouvais construire sur ce vide et comme Jean-Paul Sartre Alexandre Soljenitzyne Alain Finkelkraut je crois qu’il est important de donner la parole ‘aux blessés de l’âme’  à tous les blessés de l’âme

Je m’éloigne de toi

Je ne te confierai rien
Je regarderai danser tes paroles
Je baisserai les paupières
Tu ne verras pas qu’il y entrepleut

Un autre jour

Comment voulons-nous avancer ?
Quelle grille de travail de pratique d’écriture choisir ?
Voulons-nous nous exprimer dans le mystère indompté de la poésie ou mélanger les styles ?

Je te préviens ! Je renonce à être ‘tendance’ A faire de la prose courte dont les mots claquent par leur brièveté même si leur justesse est attestée Ces sortes d’îlots typographiques sur une page blanche pour lecteurs pressés me donnent à moi la nausée Je ne prends pas le lecteur pour un sot Il est capable de lire une écriture au long court si celle-ci lui parle convoque sa participation Je ne veux pas croire qu’il y a trop de mots dans mon écriture comme il y a trop de notes dans la musique de Mozart (Je ne me compare évidemment pas à ce génie) J’écris ce que me dicte l’inspiration de la réalité Sans limite Sans concession Je désobéis aux modes et ne ferai pas de gentille et percutante poésie Facile à lire Facile à pénétrer Bien calibrée Fast reading !

Non dottore ! Je vis pour écrire et non le contraire
Je veux du partage des rencontres fauves plurielles
de l’amitié en poésie !

Hier soir de quel soir ? N’a pas d’importance !

Je te rappellerai ce soir
Quand j’entends ta voix je me dresse
je m’élève aux aguets
en chasse

J’ai emporté mon portable partout De pièce en pièce De poche en poche La maison est surchauffée La canicule qui règne à Bordeaux depuis quelques jours a atteint un pic insupportable Je suis tendue Nerveuse Je me sens prisonnière dans cette maison aux yeux clos J’étouffe Et tu n’appelles pas Je veux te toucher Laisser des messages écrits soit sur ton portable soit sur ton ordinateur Mais je n’arrive pas à envoyer d’SMS Ne passent pas N’as-tu pas la fonction messages écrits ? A la clinique je n’ose pas non plus envoyer de mots ailés afin de ne pas te compromettre La situation est infernale Je ne supporte pas d’être empêchée de

Demain matin

Où va la poésie française au début du troisième millénaire ?

Où vont Michele et sa poésie écrite en langue française au début du troisième millénaire ?

Lui, l’homme où va-t-il ? Où vas-tu Michele ? Et où va ton oeuvre ?
Je ne peux te dissocier de ton œuvre car plus qu’aucun autre poète Michele tu es VIVANT ARDENT INCONTOURNABLE BIEN DANS TA PEAU BIEN DANS TON TEMPS !

Quand je te vois les mots de ta poésie me viennent aux lèvres Quand je te lis tes lèvres viennent à mon esprit

Je peux entendre ton écriture en te regardant bouger courir rire vitupérer t’enthousiasmer partager  voyager

Elle est dans le ciel sur les murs de la ville dans un champ de blé mur sur les lèvres d’un enfant dans tes mains sur les rides de l’eau froufroutante à marée montante sur l’aile de l’aigrette du cormoran accrochée au lustre de l’Opéra de Bordeaux lovée aux accoudoirs du fauteuil du Jean Vigo dans les rayonnages de La machine à Lire sous une arche du Pont de Pierre dans les plis tourmentés du visage statuaire de Mauriac au Jardin Public sur la chevelure ourlée du buste de  notre poète latin Ausone entre Garonne et cours Alsace Lorraine sur des langues roses et brunes léchant les affiches vagabondes sur fond de trouée verte de station en station du Tram métallique et puis plus loin dans des ailleurs francophones frères libres semblables et différents nés dans la vérité de désirs créoles en archipels de francophonie ex-primant une langue une et plurielle dans sa singulière unité mouvante

Un poète vivant à mettre sous la dent ça n’arrive pas tous les jours J’apprécie !

Flash Now

Elle tapuscrit en ce bel après-midi ensoleillé aquitain alors qu’il se trouve dans un taxi qui l’emmène au BHV Il s’étonne de cet amas de feuilles sur les trottoirs parisiens C’est la mi-novembre Elles ne sont ni en avance ni en retard

 

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